Deux avocats congolais/CPI

CPI: Maîtres Liriss Kwebe et Aimé Kilolo sont la fierté des Congolais et du Congo !

Par Freddy Mulongo, vendredi 26 novembre 2010

Dire que la justice doit être équitable et impartiale, ne veut en aucun cas dire l'égalité des moyens. Et à la Cour Pénale Internationale (CPI): la greffe, le bureau du procureur et le bureau des victimes sont les trois organes- à part entière-qui bénéficient des moyens énormes. La défense est l'enfant pauvre de la CPI. Et c'est sans beaucoup de moyens financiers que les avocats de Jean Pierre Bemba défendent leur client à la Cour Pénale Internationale. Quelque soit l'issue qu'aura le procès République Centrafricaine contre Jean Pierre Bemba, les Congolais peuvent être fiers de deux de leurs fils. Maîtres Liriss Kwebe et Aimé Kilolo sont Congolais. Liriss Kwebe est originaire de la province du Bandundu, tandis que Aimé Kilolo de la province du Katanga. Me Kwebe est inscrit au barreau de Kinshasa, tandis que Kilolo au barreau de Bruxelles. Dès qu'ils quittent leurs toges noires et sortent de la Cour, ils sont acclamés, chouchoutés par la Communauté congolaise venue à La Haye pour l'ouverture du procès de la RCA contre Jean Pierre Bemba. Pour la diaspora, Maîtres Liriss Kwebe et Aimé Kilolo sont des petits "David" qui se battent contre le grand "Goliath".

Maîtres Aimé Kilolo et Liriss Kwebe, deux petits "David" face à un vrai rouleau compresseur qui est la CPI.

Contrairement à tous les "Congolopessimistes", nous pouvons affirmer sans peur de nous tromper, ce ne sont pas les experts qui manquent en République démocratique du Congo. Maître Liriss Kwebe et Aimé Kilolo apparaissent à la Cour Pénale internationale (CPI) comme deux avocats décomplexés.Contre le procureur Luis Moreno Ocampo et son bureau, Maîtres Liriss Kwebe et Aimé Kilolo se battent avec l'expertise de leurs forts arguments. Ils expliquent, déficellent, décortiquent, réfutent les propos de l'équipe du procureur Luis Moreno Ocampo, composée de 25 personnes.

Alors que l'équipe de Défense de Jean-Pierre Bemba est composée de Me Nkwebe Liriss, Me Aimé Kilolo Musamba et Me. Nick Kaufman.

Me Liriss Nkwebe a parlé aux journalistes d'un procès le plus inéquitable, il a enfoncé le clou en parlant d' enquête partiale et bâclée du procureur Luis Moreno Ocampo. Il a émis des doutes sur les vingt-deux témoins qui viendraient déposer sur les prétendus mille cas de viols et tous les biens de la Centrafrique qui auraient été transportés en République démocratique du Congo, l'avocat s'est attardé sur la responsabilité partagée avec l'ancien président centrafricain Ange-Félix Patassé. Me Liriss Kwebe s'est étonné au prétoire d'entendre le procureur Luis Moreno Ocampo déclarer qu'il n'y avait aucune preuve à charge de Patassé, que personne dans la hiérarchie militaire centrafricaine n'a été cité comme témoin ; alors que plusieurs commandants centrafricains ont participé à cette guerre.

Me Liriss Nkwebe a révélé qu'à l'époque, le gouvernement centrafricain avait réuni des troupes de différents pays qui agissaient comme une seule armée sous l'uniforme centrafricain ; sans oublier qu'ils étaient équipés et nourris par le Trésor centrafricain.

Il a émis des doutes sur la légitimité de l'enquête menée par Luis Moreno, lequel est appelé à instruire à charge et à décharge. Il reste d'avis qu'il sera difficile d'établir la responsabilité de Jean-Pierre Bemba en tant que commandant. Cela, du fait que la responsabilité du chef hiérarchique incombait au chef suprême de l'armée centrafricaine.

Me Liriss Nkwebe a révélé que le MLC de Jean Pierre Bemba n'était pas une milice, et encore moins une rébellion, il s'agissait d'une administration reconnue par l'ONU et toute la communauté internationale. Il a fait voir aux juges de la CPI que le déploiement incriminé est intervenu à la suite d'une résolution de l'Union africaine, et de la résolution d'Alger qui interdisait toute prise de pouvoir par la force.

La défense a comparé l'intervention du MLC à celle de l'EUFOR au Tchad et de l'OTAN en Serbie. Il s'est demandé si l'OTAN ou l'EUFOR ont été tenus responsables de crimes commis. Elle a fait savoir que les actes posés par un Etat qui a été appelé sont imputables à l'Etat bénéficiaire. Me Nkwebe a dit que la défense mettait au défi l'accusation de prouver que la RCA s'était dépouillée de sa souveraineté militaire au profit de Jean-Pierre Bemba, que celui-ci pouvait, à plus de 2000 km de distance, coordonner des opérations sur le terrain...

Selon les représentants légaux des victimes: les viols, souvent collectifs, étaient utilisés comme arme de guerre. « En majorité, ce sont des personnes vulnérables, rejetées aujourd'hui par la société. Beaucoup sont infectées, certaines sont mortes et d'autres se sont suicidées ».

Me Liriss Nkwebe, l'un des avocats de Jean-Pierre Bemba, a rappelé aux juges qu'ils ne peuvent statuer que sur base des preuves et non sur les émotions.

Me Liriss Kwebe a rappelé les seules paroles prononcées par Jean-Pierre Bemba à l'une des audiences : « Je veux être jugé, non seulement pour prouver mon innocence, mais aussi pour laver mon nom envers ma femme, mes enfants et mon père ». Avec une voix nouée de sanglots, la défense a regretté que ce père soit décédé en allant justement se battre pour sauver son fils. La dernière prière de Me Liriss Nkwebe a été : « Un seul impératif s'imposera à vous : acquitter Bemba ».

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