LA VISION DE CHANGEMENT DU MLC

Le Bureau Politique du Mouvement de Libération du Congo (MLC) s’est réuni en session ordinaire du vendredi 10 au lundi 13 septembre 2011 au siège national du parti sous la conduite de l’honorable François Muamba Tshishimbi, Secrétaire Général. Au cours de cette session, il a été procédé à un examen minutieux et approfondi des problèmes de l’heure qui se posent au pays. Après débats et délibérations, le Bureau Politique du MLC fait la déclaration suivante :

I. De la situation du Président National du MLC

Le MLC exhorte la cour pénale internationale à œuvrer dans l’impartialité afin que, débarrassée des atermoiements qui confirment la thèse maintes fois décriée de la nature politique de la détention du Sénateur Jean-Pierre BEMBA, elle puisse faire justice à ce dernier dans un délai raisonnable. A la victime de ce complot, le MLC réitère son affection et son soutien.

II. Des élections prévues par la constitution en 2011

1. Le MLC annonce solennellement sa participation aux prochaines élections et ce à tous les niveaux sur l’ensemble du Territoire national. A cet effet, le bureau politique enjoint les organes exécutifs du parti tant au niveau national que celui des fédérations :

 De tout mettre en œuvre pour placer effectivement l’ensemble des structures de base en ordre de bataille en vue de mobiliser les militantes et militants pour leur implication massive dans la construction de la victoire, qui est l’objectif du MLC, tant en ce qui concerne les élections locales, provinciales, nationales que présidentielle.

 De s’impliquer, dès la rentrée parlementaire prochaine, en concertation avec les autres forces politiques, au sein et en dehors des Institutions de la République, à la mise en place urgente de la Commission Electorale Nationale Indépendante laquelle, compte tenu de la nature des missions qui lui sont dévolues, a vocation d’être une structure inclusive et réellement neutre.

 De poursuivre la réflexion et d’intensifier les contacts en vue du nécessaire regroupement des forces du changement autour d’un ambitieux projet commun d’alternance politique en RDC. En attendant l’aboutissement de ces démarches, le MLC tient à préciser qu’il ne fait partie d’aucune plateforme politique ancienne ou nouvelle.

2. Le MLC déclare que le calendrier électoral publié par le Président de la CEI, l’Abbé Malu Malu, a été établi en violation de la Constitution et conduira inévitablement à une crise politique et institutionnelle et donc, des concertations politiques s’imposent pour une gestion apaisée du processus électoral. Il s’agit, pour l’ensemble des intervenants, de créer les conditions favorables à la participation de tous de sorte que les résultats leur soient également opposables.

3. Le MLC condamne, une fois de plus, les violations intentionnelles et répétées de la constitution par le pouvoir en place qui, non seulement, tente d’étendre son influence politique dans le pays en politisant les administrations, les entreprises et autres services de l’Etat, mais s’est lancé dans une campagne électorale prématurée qui utilise les fonctions officielles et les moyens financiers de l’Etat à des fins politiciennes.

III. Du rapport du Haut représentant des Nations Unies aux droits de l’homme sur les graves violations des droits humains et du droit international humanitaire commises en RDC entre mars 1993 et juin 2003.

1. Le MLC constate avec indignation la pusillanimité de notre gouvernement sur ce dossier qui pourtant accrédite la thèse maintes fois réitérées par les politiques et membres de la société civile sur la responsabilité directe de certains pays voisins dans le drame congolais qui, au regard de ce rapport, prend des allures d’holocauste en Afrique centrale. A ce sujet, le MLC prend la population congolaise à témoin et constate ainsi avec elle la capitulation de notre gouvernement face à des intérêts étrangers qui sont contraires à ceux de la nation congolaise toute entière

2. Le MLC encourage les Nations Unies à travers son Secrétaire Général, de publier officiellement ce rapport sans en altérer ni le contenu ni les sens des termes utilisés et de ne pas céder au chantage. En outre un appel est fait à l’ONU d’enquêter aussi sur tous les autres crimes et violations des droits de l’homme qui ont eu lieu sur l’ensemble du Territoire de la RDC de juin 2003 à août 2010.

IV. De l’état général de la Nation

Le MLC constate que l’amélioration des conditions sociales des populations n’est pas la préoccupation essentielle de l’actuel gouvernement de la République. Malgré les slogans et autres discours débités, pleins de promesses mirifiques transportées par des slogans politiques développés autour de ce qu’il est convenu d’appeler les cinq chantiers, le MLC fait le constat suivant :

1. Sur le plan sécuritaire, l’insécurité reste une réalité notamment à l’Est de du pays, le viol de 300 femmes récemment dénoncé et l’accroissement du nombre de déplacés internes des populations congolaises en sont la parfaite illustration. La protection des personnes et des biens est de la responsabilité du gouvernement et ne peut être sous traitée indéfiniment, soit-il par la Monusco.

2. Sur le plan social, les grèves à répétition renseignent de la précarité grandissante dans laquelle la population congolaise est abandonnée par le gouvernement. En effet, malgré l’annonce avec fracas des enveloppes budgétaires de l’ordre de cinq milliards de dollars pour les exercices 2009 et 2010, le gouvernement est toujours dans l’incapacité de payer régulièrement les fonctionnaires civils, militaires et de police.

3. Sur le plan économique, en dépit de l’atteinte du point d’achèvement, les retombées se font attendre, l’amélioration du climat des affaires reste un mirage, l’aggravation de la corruption et son érection en système de gestion de l’Etat heurte toutes les bonnes consciences.

A cet égard, la justice de notre pays reste un épouvantail. Instrumentalisée par le pouvoir, elle est agitée suivant les circonstances, pour écraser les « petits justiciables » et protéger les vrais prédateurs pourtant bien connus de tous. Finalement, l’opinion n’est pas dupe de ce que «tolérance zéro » ou autres « fini la récréation », ne sont que des slogans creux empruntés au lexique des termes de propagande, atavisme d’un passé révolu.

Tout ce qui précède montre la nécessité pour notre pays d’un leadership ayant une véritable vision de développement et l’urgence, par le biais des élections générales à venir, de mettre en place une alternance avec une expertise éprouvée.

Mais, pour qu’il en soit ainsi, ces élections doivent être réellement libres, transparentes et démocratiques.

En conséquence, le MLC demande à ses nombreux militants et à tous les Congolaises et Congolais de continuer à rester vigilants, de se mobiliser et d’œuvrer fermement pour l’émergence d’une vraie démocratie et de l’érection d’un véritable Etat de droit en RDC.

AVEC DIEU NOUS VAINCRONS

Fait à Kinshasa, le 13 Septembre 2010.

François MUAMBA TSHISHIMBI

Secrétaire Général

Créer un site gratuit avec e-monsite.com - Signaler un contenu illicite