Le climat des affaires revient

Le climat des affaires revient au galop: Le FMI conditionne la 2ème revue du PEG 2 à l’« accélération » d’une série de réformes

 

(Le Potentiel 18/09/2010)

Après avoir dressé du 6 au 16 septembre 2010 un bilan des progrès enregistrés par la RDC et débattu des politiques économiques dans le cadre de la 2ème revue du PEG 2, les experts du département Afrique du FMI conditionnent la conclusion de cette revue à l’accélération au niveau du gouvernement d’une série de réformes, dont l’amélioration du climat des affaires, particulièrement dans les industries extractives.

Arrivé en fin de mission le jeudi 16 septembre 2010, la mission du département Afrique du Fonds monétaire international (FMI), conduite à Kinshasa par Robert York, s’est, entre autres, appesantie sur les risques probables qui pèsent sur le second Programme économique du gouverneme.nt (PEG 2).

Selon la déclaration finale de cette mission, le FMI donne l’impression de conditionner la fin de la deuxième revue du PEG 2 à la mise en œuvre d’une série de réformes au niveau du gouvernement. « Si les autorités parvenaient à accélérer les principales réformes structurelles, la revue (Ndlr : du PEG 2) pourrait être achevée plus tôt », note le FMI dans sa déclaration.

LES RISQUES PROBABLES

Ainsi, de l’avis du FMI, il y a des risques qui pèsent sur l’exécution du PEG 2. Parmi ces risques, la mission a fait mention de : « un essoufflement de la reprise de l’économie mondiale qui pourrait nuire aux perspectives de croissance ; une perte de la maîtrise budgétaire provoquée par les soucis sécuritaires et des dérapages à la veille des élections présidentielle et législatives de l’an prochain et qui risquerait de déstabiliser l’économie ; et des faiblesses persistantes dans le climat des affaires et la gouvernance pouvant entraîner une diminution des financements et des investissements directs étrangers et brider le développement du secteur privé ».

Encore une fois, la détérioration du climat des affaires, perceptible dans le climat délétère qui paralyse le secteur minier, a figuré en bonne place dans les échanges que la mission du FMI a eus avec différentes autorités congolaise.

Toujours est-il qu’après avoir salué les performances réalisées par le gouvernement depuis la mise en œuvre en décembre 2009 du PEG 2, la mission a fait remarquer que « pour la période à venir, les grandes lignes des politiques économiques doivent être maintenues ». Aussi, estime-t-elle que « de manière plus précise, le budget de 2011 devrait aligner l’enveloppe de dépenses sur les recettes intérieures escomptées et les financements extérieurs disponibles, afin d’éviter les concours de la Banque centrale ».

À partir des échanges que la mission a engagés sur place à Kinshasa, les services du FMI ont promis de « travailler en étroite collaboration avec les autorités durant les semaines à venir, en consultation avec leurs partenaires au développement et la Banque mondiale, afin de maintenir le cap des réformes dans plusieurs domaines, voire de les accélérer ». Parmi ces domaines figurent notamment la gestion des finances publiques, le secteur financier, l’indépendance et l’efficacité de la Banque centrale et les industries extractives.

Pour le cas spécifique des industries extractives, l’objectif, pense le FMI, consiste à « adopter un cadre d’action et des mesures propres à dynamiser l’environnement des affaires et à promouvoir la gouvernance et la transparence, atouts importants pour améliorer les perspectives d’une croissance tirée par les exportations ».

Dans la poursuite de la mise en œuvre du PEG 2, les services du FMI se sont dit « prêts » à « appuyer l’achèvement de la deuxième revue programmée pour la fin décembre 2010 pour autant que les résultats continuent d’être satisfaisants et qu’il existe un accord sur les politiques et réformes à venir ».

Pendant son séjour à Kinshasa, les échanges entre les experts du département Afrique du FMI et la partie congolaise ont tourné autour de l’évolution récente de la situation économique, la mise en oeuvre des politiques dans le cadre de l’accord sur la Facilité élargie de crédit (FEC), le budget de 2011 et les réformes structurelles prioritaires requises pour entretenir une croissance élevée et une faible inflation et améliorer le climat des affaires.

BONNES TENDANCES A COURT TERME

Malgré la difficile conjoncture économique mondiale de ces dernières années et la fragilité de la situation sécuritaire, la mission a salué l’amélioration « sensible » des perspectives macroéconomiques — tout au moins pour le court terme, a-t-elle nuancé.

Selon le FMI, la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel devrait être d’environ 6 % pour 2010. L’inflation se situe actuellement à 7½ %, soit de « meilleurs niveaux » que l’an dernier.

Dans le domaine des finances publiques, la mission a reconnu que le gouvernement se trouve sur la « bonne voie », soulignant, par ailleurs, une « réduction » des concours de la Banque centrale pour couvrir le déficit du Trésor. Enfin, pour le FMI, le secteur extérieur s’est montré « plus solide qu’en 2009 grâce à la vigueur de l’activité minière et à l’allégement obtenu dans le cadre de l’Initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés et de l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale ».

A noter que depuis le 11 décembre 2009, la RDC est liée formellement au FMI par un accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). La FEC, qui a remplacé la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) comme principal outil dont dispose le FMI pour apporter un soutien financier à moyen terme aux pays à faible revenu, est caractérisée par des niveaux d’accès plus élevés aux financements, des modalités de concours plus concessionnelles, une plus grande souplesse dans la conception des programmes, et une conditionnalité à la fois plus simple et mieux ciblée.

Le taux d’intérêt des financements accordés au titre de la FEC est de 0 %, avec un différé d’amortissement de cinq ans et demi et une échéance finale de dix ans.

Le FMI revoit tous les deux ans les taux d’intérêt de toutes les facilités concessionnelles.

Par Faustin Kuediasala

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