Douzième Anniversaire du Parti
Distingués Membres du Collège des Fondateurs,
Mesdames et Messieurs, membres du Bureau Politique et du Comité Exécutif,
Honorables Députés Nationaux,
Honorables Sénateurs,
Honorables Députés provinciaux,
Distingués invités,
Chers compatriotes,
C’est avec un réel plaisir et un grand honneur que je vous reçois ce jour, dans ce magnifique cadre historique de la Foire Internationale de Kinshasa à l’occasion de la commémoration du douzième anniversaire de notre Parti, le Mouvement de Libération du Congo, MLC.
Je voudrais, à cette occasion, vous saluer tous et vous témoigner en même temps, toute ma gratitude pour votre présence en ces lieux.
Estimés Collègues,
Distingués invités,
Chers compatriotes,
En ce jour où nous commémorons le douzième anniversaire de notre Parti, je déplore avec vous l’absence de notre Président national, l’Honorable Sénateur Jean Pierre Bemba Gombo, retenu pour des raisons politiques par la Cour Pénale Internationale à La Haye. Au moment où son procès injuste va commencer, le MLC exhorte la Cour Pénale Internationale à œuvrer dans l’impartialité, afin qu’elle puisse faire justice à son Président national dans un délai raisonnable.
A Jean Pierre Bemba Gombo, victime de ce complot, j’envoie un message d’encouragement et d’attachement de nous tous, invités, cadres et militants du MLC. A cet effet, dans un élan de sympathie pour lui manifester notre soutien à sa cause, je vous prie Mesdames et Messieurs de vous lever et de lui adresser une vibrante ovation. … Merci.
Distingués Invités, vous vous souviendrez que le MLC a été créé voilà douze ans, à l’initiative de Jean-Pierre BEMBA, par un groupe de patriotes provenant de toutes les provinces et couches sociales de la RDC, d’abord comme un groupe politico- militaire, dont l’objectif principal était de mettre un terme aux velléités autocratiques et dictatoriales d’un pouvoir aux mains d’un conglomérat de politiciens surgis de nulle part, qui venait de s’installer à la tête du pays depuis le 17 Mai 1997.
Par la suite, le MLC, mouvement politico-militaire, a joué aux côtés d’autres mouvements tant politico-militaires que de l’opposition politique, de Lusaka en 1999 à Sun-City en 2003, un rôle essentiel dans la pacification et la réunification du Territoire national. Transformé finalement en parti politique le 5 avril 2003, le MLC a par ailleurs participé d’une manière significative à la conduite du processus de transition qui a amené le pays à l’organisation des premières élections pluralistes de 2006. Malheureusement, par manque de la volonté politique dans le chef du pouvoir actuel, ce processus n’a pas été achevé.
D’une part, les élections municipales, communales et locales n’ont toujours pas été organisées ; les 26 nouvelles Provinces n’ont pas été mises en place dans les délais constitutionnels et le bureau de la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, tarde à être institué. C’est ici le lieu de saluer le patriotisme des partis de l’opposition qui ont su donner dans les délais imposés, les 3 noms de leurs représentants au Bureau de la CENI ; alors que ceux qui clamaient haut et fort leur cohésion ainsi que l’avantage supposé de bénéficier de l’unité de commandement, tardent à donner les 4 noms attendus. Que devrions-nous comprendre alors ? Qu’ils sont divisés ou que tout ça manque de leadership ?
Comme si cela ne suffisait pas, le Président de la Commission Electorale Indépendante (CEI), appuyé par le pouvoir en place par le biais de la réunion dite interinstitutionnelle, a entre-temps publié un calendrier électoral en violation de la Constitution et qui conduira inévitablement, s’il était littéralement appliqué, à une crise politique et institutionnelle dans notre pays.
En effet, le calendrier que veut imposer Monsieur l’Abbé Malu Malu, alors qu’il n’en a pas qualité, stoppe le processus électoral entamé en 2005 en ce qu’il n’organise pas les élections locales, tel que prévu par la Constitution. Last but not least, il voudrait certainement se substituer au peuple congolais, souverain primaire, pour proclamer orbi et urbi la victoire de son candidat, Joseph Kabila, dès le premier tour de la présidentielle de 2011 ! Sur ce dernier point, même à considérer l’hypothèse inverse d’un second tour, le calendrier de Monsieur Malu Malu conduirait tout aussi inévitablement à une crise politique, car le mandat que les Congolais ont confié à l’actuel Chef de l’Etat s’achève le 6 décembre 2011, alors que la CEI fixe le second tour en mars 2012. Le 7 décembre 2011 au matin, le Chef de l’Etat actuel serait devenu illégitime. L’impasse est donc bien devant nous, car il n’appartient certainement pas au Président de la CEI d’instituer dans notre pays une transition politique soit-elle de fait.
Mesdames et Messieurs, d’aucuns pourraient trouver matière à sourire de ce spectacle affligeant auquel se prêtent la majorité et la CEI. Mais, ayons à l’esprit que ce qui est en jeu c’est non seulement la vie des Congolaises et des Congolais, mais aussi l’avenir de nos enfants. C’est pourquoi, je me dois de vous rappeler que le MLC a, plus d’une fois, condamné les violations intentionnelles et répétées de la Constitution par le Pouvoir en place qui, non seulement, tente d’étendre son influence politique dans le pays en politisant les administrations, les entreprises et autres services de l’Etat, mais en plus, s’est lancé dans une campagne électorale prématurée, utilisant ainsi les fonctions officielles et les moyens financiers de l’Etat à des fins politiciennes.
La jeune démocratie que le MLC et notre peuple tout entier appelaient de leurs vœux en participant aux consultations électorales a été dévoyée. Le système parlementaire lui-même, socle de la démocratie naissante dans notre pays, a été remplacé par un système de majorité automatique qui impose à notre pays une sorte de parti unique qui, certes ne dit pas son nom, mais va jusqu’à régenter la CEI, organe sensé arbitrer entre les ambitions politiques légitimes des Cong
Estimés collègues,
Distingués invités,
Chers compatriotes,
Pour revenir aux élections prévues par la constitution en 2011, le MLC a déjà annoncé solennellement sa participation aux prochaines élections et ce, à tous les niveaux sur l’ensemble du Territoire national. A cet effet, tout est désormais mis en œuvre pour placer effectivement l’ensemble de nos structures de base en ordre de bataille, en vue de mobiliser les militantes et militants pour leur implication massive dans la construction de la victoire, qui est un objectif à la portée du MLC, tant en ce qui concerne les élections locales, provinciales, nationales que présidentielles. Mesdames et Messieurs, nous devons gagner puisque nous le pouvons et que notre peuple veut le changement.
Mais, le MLC ne cautionnera pas n’importe quel type d’élections. Autant nous sommes prêts à concourir à des élections réellement libres, démocratiques et transparentes, autant nous combattrons par toute voie légale, toute tentative, d’où qu’elle viendrait, de faire revivre aux Congolais le cauchemar qu’ils ont vécu en 2006. Notre acceptation des résultats de ces élections là, en ce temps là, a eu pour raison notre patriotisme mais, en aucun cas, la manifestation d’une quelconque faiblesse de notre part. Que l’on se le dise : on ne nous y reprendra plus.
Estimés collègues,
Distingués invités,
Chers compatriotes,
Qu’en est-il de l’état général de la Nation ?
Je constate avec vous, que le Gouvernement de la République ne se préoccupe guère de l’amélioration des conditions sociales de nos populations, en dépit des discours pleins de promesses mirifiques, souvent accompagnés des slogans politiques développés principalement autour de ce qu’il est convenu d’appeler les cinq chantiers de la République.
Sur le plan économique, en dépit de l’atteinte du point d’achèvement dont les retombées se font attendre, l’amélioration du climat des affaires reste un leurre, comme en témoigne la multiplication des procès intentés à l’Etat congolais devant les juridictions internationales. L’aggravation de la corruption et son érection en système de gestion de l’Etat heurte toutes les bonnes consciences.
En plus de l’indice de développement humain qui place la République Démocratique du Congo à la queue du classement mondial, la mauvaise gouvernance caractérise toujours notre pays, si bien que dans le « Doing business » de la Banque Mondiale pour l’année 2010, la RDC occupe toujours la 182ième place, sur les 183 pays classés. Triste record de stabilité !
Sur le plan sécuritaire, je relève que l’insécurité continue à frapper l’ensemble du pays, et plus particulièrement l’Est de la République.
Concernant justement la sécurité à l’Est de notre pays, la promesse de mettre fin à la guerre au Nord Kivu et celle d’éradiquer toutes les poches d’insécurité dans la Province Orientale n’ont jamais été réalisées par le Gouvernement. Plusieurs opérations militaires ont été menées dans cette partie de la République sans résultat concret.
Ces opérations qui devaient se dérouler en application des accords entre les Groupes armés signés à Goma en janvier 2008 et à la suite des accords aussi obscurs que suspects avec quelques armées étrangères, ont provoqué des drames humanitaires qui sont renseignés par les Organisations de droits de l’homme, des Institutions et Organismes internationaux comme des crimes de guerre et contre l’Humanité.
Le viol de plusieurs centaines de femmes à Walikale et dans les villages environnants, par des insurgés, mais aussi par des éléments de notre armée nationale, sous l’œil parfois complaisant de la MONUSCO, comme l’indiquent les différents rapports des ONG illustre, s’il en était encore besoin, le niveau d’incompétence et d’irresponsabilité du Gouvernement, au point qu’on en vient à se demander si, sous le régime actuel et au lendemain de la célébration de son cinquantenaire, notre pays est un véritable Etat ou juste une surface. Sidérant !
Alors que nous nous acheminons vers des élections dont le déroulement exige un environnement de paix et de sécurité, le CNDP, qui est une des parties aux accords de paix dans le Nord Kivu, menace de reprendre la guerre si un seul de ses hommes était envoyé dans une Province autre que celle du Nord-Kivu. Ceci confirme l’échec du Gouvernement à former une armée Républicaine, garante de la sécurité de notre territoire et de ses habitants.
Estimés collègues,
Distingués invités,
Chers compatriotes,
Sur le plan social, je signale les multiples grèves qui sont la preuve de l’abandon à elle-même de la population congolaise par le Gouvernement. Le citoyen congolais est toujours, entre autres, confronté à un casse-tête quotidien qui s’appelle, manque d’eau potable, coupures intempestives d’électricité, absence de transports en commun, sous-alimentation, cadre de vie affecté par les nuisances et la pollution, maladies endémiques, routes cassées, caniveaux bouchés, hôpitaux transformés en mouroirs et écoles en taudis !
A ma connaissance, la situation socio-économique de notre pays n’a jamais été aussi dégradée. La majorité de nos compatriotes vit avec moins d’un dollar américain par jour, donc en dessous du seuil de pauvreté. Assurément, cela ne peut plus continuer comme ça. Levons-nous Congolaises et Congolais et, dans un élan patriotique et républicain, changeons de régime, changeons la direction de notre devenir. Une fois de plus, les échéances politiques constitutionnelles à venir vont nous en offrir le mécanisme.
Estimés collègues,
Distingués invités,
Chers compatriotes,
Les droits de l’homme continuent toujours à être bafoués dans notre pays, comme en témoigne à titre d’exemples les deux cas d’exécutions extra judiciaires que vous avez encore tous en mémoire. Je voudrais, à cet effet, vous demander de vous lever, afin d’observer une minute de silence en mémoire de nos regrettés compatriotes, Floribert CHEBEYA, Armand TUNGULU, ainsi que celle d’autres victimes anonymes.
Je vous remercie.
Distingués Membres du Collège des Fondateurs,
Mesdames et Messieurs, membres du Bureau Politique et du Comité Exécutif,
Honorables Députés Nationaux,
Honorables Sénateurs,
Honorables Députés provinciaux,
Distingués invités,
Chers compatriotes,
Réunis ce jour pour commémorer les douze années de la vie de notre parti politique, nous nous réjouissons que celui-ci, solidaire avec son Président national injustement retenu à La Haye, ait su préserver son unité et sa concorde interne, en dépit des vicissitudes qu’il a traversées. Le MLC se range aujourd’hui en rang de bataille pour offrir à notre pays, dès l’année prochaine, l’alternance crédible dont il a grandement besoin.
Mais, en même temps, nous mesurons l’ampleur de la tâche. Assurément celle-ci postule le rassemblement de toutes les Forces acquises au changement. Nous devons donc fédérer nos atouts, à commencer par nos valeurs morales, pour pouvoir offrir enfin à notre peuple et à l’Afrique, une gouvernance congolaise à même de transformer en richesses et en progrès social, les potentialités dont notre pays est pourvu.
En disant ceci, je m’adresse particulièrement à nos invités ici présents pour leur indiquer que le MLC a d’ores et déjà apprêté un tel agenda. Il reste à nous accorder ensemble sur un Programme ambitieux d’alternance et sur la méthodologie de sa mise en œuvre. En attendant, je demande à tous ces patriotes de se lever pour recevoir de la part du MLC l’hommage qu’ils méritent. Debout mes frères et sœurs ! … Merci
Pour terminer, je vous souhaite à tous, dirigeants, cadres et militants, une joyeuse fête de notre cher Parti et je déclare ouvertes les festivités de son douzième anniversaire.
Je vous remercie.
Fait à Kinshasa, le 30 octobre 2010
François MUAMBA TSHISHIMBI
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