François MUAMBA

 François Muamba Tshishimbi est un homme politique, un député, un ancien ministre de l'économie et de l'industrie et ancien ministre du budget de la République démocratique du Congo. François Muamba Tshishimbi est actuellement le Secrétaire Général du Mouvement de Libération du Congo (en abrégé MLC), 2ème parti politique du pays et première force de l'opposition parlementaire. il est président du groupe à l'Assemblée Nationale.

Né le 20 mars 1951 à Lubumbashi, marié et père de 3 enfants, François Mwamba est originaire de la Province du Kasaï Oriental (ex-Tshilenge (territoire)).

Études et vie professionnelle

François Muamba est licencié en sciences commerciales et financières de l'Institut catholique des hautes études commerciales (l'ICHEC), à Bruxelles en 1977. Après ses études en Belgique, il rentre à Kinshasa où il travaille à la direction financière de Texaco pendant deux ans. Ce premier retour au pays le déçoit, particulièrement la « corruption », et la « culture de médiocrité » qui prévalent dans le pays à tous les niveaux, fatigué de saluer le drapeau zaïrois tous les matins, il se marie et quitte le Zaïre en 1980 pour reprendre ses études cette fois à Paris. François Muamba obtient un diplôme d'études supérieures spécialisées, (DESS) d’information en entreprise à l'Institut d'études politiques de Paris (IEP) en 1980. Après cette étape d'études post-universitaires, il travaille pendant un an au siège du bureau international du travail.

François Muamba a participé également à la création de divers mouvements qu'il a dirigés dans les milieux de l'associatif français : "Cezares", Solidarités internationales - Pantin ou bien le PRHUD.

1982 - 1989 : les premiers engagements politiques

L'année 1982 sera une année charnière dans sa vie. Cette année là, il décide de se lancer dans la politique. Cette décision le pousse à mener de front deux activités : une, professionnelle, au sein de la Département commercial de la société OTP - Xerox et l'autre, politique, en tant que Représentant de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) en France et ce jusqu’en 1988. Il dit avoir choisi l’UDPS parce qu’il gardait un souvenir amer de son expérience avec le système politique zaïrois lors de son retour au pays, à la fin de ses études universitaires.

L’UDPS, à l’époque, représentait la seule alternative sérieuse. Mais, en 1988, Etienne Tshisekedi, le leader de ce parti politique, revient au Zaïre après plusieurs mois d’exil volontaire. Le 14 janvier 1989 il est arrêté pour la nième fois pour avoir tenté d’exprimer publiquement ses opinions politiques, contraires à la pensée unique de l’époque. La représentation en France de l’UDPS, que François Muamba a créée et dirige, se transforme en Comité de soutien à Tshisekedi et aux victimes du 14 janvier. Tshisekedi est libéré 4 mois après, au mois de mai, sans doute suite à de multiples pressions. Il décide de quitter la politique, pour s’occuper de «ses vaches» dans son village dira-t-il. Le Comité de soutien et la Représentation de Paris n’ont plus de raison d’exister.

1990 : le livre qui change tout

Tout en gardant son emploi à OTP - Xérox, François Muamba commence la rédaction de son livre « Le Zaïre peut-il sortir de l’impasse ? », pour le terminer et le publier deux ans plus tard. Le livre sera édité par les éditions « Uhuru » à Paris. Peu avant la sortie de son livre, le 14 janvier 1990, lors de la traditionnelle présentation des vœux du nouvel an des corps constitués au Président de la République, Mobutu déclare que les temps ont changé et qu’il se prépare à lancer une vaste campagne de consultations populaires afin d’entamer de nombreux « chambardements » dans le pays.

C’est suite à cette nouvelle politique d’ouverture de Mobutu, que François Muamba, avec 14 autres compatriotes, est contacté à Paris, en Février 1990 par les services spécialisés du Zaïre. Mais, ces contacts avec le conseiller spécial de Mobutu de l’époque, qui se caractérisent par des rencontres « nocturnes » et en « coulisses » ne rassurent pas François Muamba. Il décide de reprendre sa liberté d’action. Il rentre à Paris.

La diffusion et le succès du livre « Le Zaïre peut-il sortir de l'impasse ? » seront les éléments déclencheurs de la rencontre de François Muamba avec le Président Mobutu. Le contenu du livre intéresse particulièrement le chef de l’état zaïrois. Un accord de collaboration est conclu entre les deux hommes.

1991 - 1997 : les années de responsabilités ministérielles sous Mobutu

Fin octobre 1991, François Muamba est nommé ministre de l’économie et de l’industrie dans le gouvernement dit de « combat » de Mobutu. Il sera ensuite ministre – conseiller à la présidence pendant cinq ans, chargé des relations internationales jusqu’à la destitution de Mobutu en mai 1997.

1997 - 1999 : les années d'entrepreneur à Paris

Contraint de retourner en France, François Muamba ouvre et dirige à Paris un bureau de représentation de «Tenday & Amber», un cabinet américain de vente et d’acquisition d’entreprises, une activité qui l’occupera de début 1997 à fin-juin 1999. De la France, il est contacté pour rejoindre le régime de L.D. Kabila, mais il refuse de rallier le régime car il n’accepte pas de cautionner la thèse de l’agression du Zaïre.

1999 - 2002 : les années de lancement du MLC

En juillet 1999, François Muamba intègre le MLC où il occupe diverses fonctions, notamment le secrétariat national chargé de l’économie, des finances, du budget et du portefeuille et le secrétariat national aux relations extérieures. C’est en cette qualité que François Muamba a fait partie de l’équipe des négociateurs du MLC aux assises du dialogue inter congolais.

2003 - 2006 : Ministre du Budget

Durant la période de la transition politique, François Muamba occupe le poste de ministre du budget de 2003 à 2006. Il s'attache à mener une politique de gestion rigoureuse.

2006 : une nouvelle ambition pour la République Démocratique du Congo

Apres la mutation du MLC en parti politique, il sera élu, en décembre 2005, secrétaire général du parti. Élu député en 2006, François Muamba siège à l’assemblée nationale au titre de président fédéral du Kasaï-Oriental où il préside en même temps le groupe parlementaire de son parti, fonction qu’il occupe jusqu’à ce jour.

2010 : le programme de Gouvernement "Nouveau Congo"

Fort de ses engagements politiques pour le développement harmonieux du pays et le bien-être de ses habitants, François Muamba a été reconnu comme une des 50 premières personalités du pays1 et souhaite poursuivre son action pour un "Nouveau Congo".

Le 4 janvier 2010, François Muamba a déclaré lors de la présentation des voeux du MLC à la nation :

"Le MLC, qui a l’avantage d’avoir déjà entamé une réflexion approfondie et multisectorielle sur l’ensemble des éléments de projet pour un Congo nouveau ci-dessus annoncés, vous propose d’assurer la coordination de cette démarche innovante durant les cinq mois qui viennent. De la sorte, au mois de juin de cette année, une grande rencontre patriotique pourrait nous réunir tous, en un lieu à déterminer ensemble, pour valider nos choix, nous donner une nouvelle feuille de route vers 2011."

François Muamba défend son programme pour un Nouveau Congo autour de 5 axes majeurs :

- Réconcilier politique et éthique

- Restaurer l'autorité de l'Etat

- Recouvrer le rayonnement extérieur

- Réaliser les grands travaux

- Réduire la grande pauvreté.

Face à ce programme de conquête de la majorité par le MLC sous l'impulsion de François Muamba, l'AMP, Parti-Etat au pouvoir à Kinshasa concocte une réforme constitutionnelle donnant plus de pouvoir au Chef de l'Etat et allant jusqu'à la suppression du poste de Premier Ministre !

Le 29 mars 2010, François Muamba répond à Olivier Kamitatu dans Jeune Afrique "Pour ma part, j’estime que la Constitution de la RDC est encore trop jeune. Elle n’a pas eu le temps de livrer toutes ses vertus pour qu’il soit prioritaire d’en changer l’équilibre."

Le 9 avril 2010, François Muamba a exprimé lors d'une conférence de presse et sur Radio Okapi 5 que suite aux événements de Mbandaka, c'est le Premier Ministre Adolphe Muzito qui devra s’expliquer au parlement.

La chambre basse en a décidé ainsi lors de sa plénière, à la suite d’une motion du député François Mwamba, président du groupe parlementaire du MLC à l’Assemblée nationale. Pour François Mwamba, l’affaire est grave et la présence du Premier ministre devant la représentation nationale s’impose. Dans une motion très soutenue par l’opposition et à une large majorité, la plénière de la chambre basse sohaite que le chef du gouvernement réponde à une question orale avec débat sur les événements survenus à Mbandaka.

Le député Francois Mwamba explique : "La proposition que j’ai faite consiste finalement à considérer que la question non seulement a été extrêmement grave mais qu’elle implique plusieurs départements, les départements Défense et Intérieur. Il y a également des questions qui concernent les services de renseignements qui dépendent de la présidence. Nous avons tous décidé qu’en lieu et place des ministres de la Défense et de l’Intérieur, ce soit le Premier ministre lui-même, toutes affaires cessantes…" Seule la formation du Premier ministre Adolphe Muzito, le Parti lumumbiste unifié (Palu), a voté contre la motion de François Mwamba. L’essentiel de la majorité a voté en faveur de cette motion.

Le 15 avril 2010, François Muamba explique dans "LE PHARE" au sujet du rapport de l’ONG « International Crisis Group » qu’ « il faut démanteler le gouvernement parallèle » présenté comme le centre d’impulsion d’un pouvoir autoritaire en gestation. Le rapport de cette organisation au sujet de ce qu’elle considère comme les ratés du processus démocratique congolais suscite un débat dans la classe politique. François Muamba apporte de l’eau dans le moulin d’International Crisis Group. Il persiste et signe que le pays se trouve sous la coupe d’un pouvoir parallèle qui l’éloigne terriblement de l’Etat de droit.

Le 21 avril 2010, Francois Muamba posé les questions suivantes au Premier Ministre Adolphe Muzito lors du débat à l'Assemblée Nationale)

Honorable Président, Merci pour la parole. Excellence Monsieur le Premier Ministre, Vous êtes le Chef d’un Gouvernement qui, dans ses différentes versions, a l’honneur de diriger notre pays depuis bientôt 4 ans. L’Opposition a de la mémoire et je gage que vous aussi, en avez une. Il vous souviendra donc, Monsieur le Premier ministre, que du haut de cette tribune, le 31 octobre 2008, je résumais de la manière suivante le contenu de votre Programme : Ce document n’est pas en mesure de rencontrer les objectifs recherchés à savoir, la paix, la sécurité, la bonne gouvernance, l’égalité des chances et la restauration de l’autorité de l’Etat.

L’occasion vous est donnée de me contredire :

1. De l’objectif de paix Des accords politico-militaires ont été conclus tant avec l’Ouganda, qu’avec le Rwanda. Des opérations militaires conjointes ont été menées. Or, que se soit en Ituri ou au Nord-Kivu, des tueries, des viols de femmes et enfants ou encore des affrontements entre groupes armés se poursuivent, provoquant encore et toujours des déplacements de populations par milliers.

Monsieur le Premier ministre, quand est-ce que notre pays retrouvera la paix promise avec fracas dans votre Programme depuis octobre 2008 ?

2. De l’objectif de sécurité Dans les quartiers de la Capitale, dans nos villes, dans nos Territoires et dans nos villages, partout, l’insécurité règne et n’a d’égal que l’impunité dont tous les bandits de grands chemins sont assurés de jouir. Nos propres Services de sécurité ne sont pas en reste. Aux conflits locaux qui naissent dans l’Equateur, dans les deux Kasaï ou dans le Bas-Congo, c’est souvent l’incompétence, le manque de professionnalisme de ces Services qui les font dégénérer en des conflits meurtriers aux conséquences finalement incontrôlées, comme dernièrement à Mbandaka.

Monsieur le Premier ministre, quelle évaluation faites-vous de votre politique en matière de sécurité ? La restructuration de l’armée et de la police est-elle toujours d’actualité ? Et, puisqu’au moindre problème vous recourez systématiquement à l’appui de la MONUC, comment expliquez-vous par ailleurs l’empressement que vous mettez à la voir quitter le pays ?

En outre, bien des congolais qui veulent servir leur pays dans ces secteurs croupissent en prison, certains d’entre eux y meurent d’ailleurs et ce dans l’indifférence totale de votre Gouvernement qui avait pourtant promis à leur profit des mesures administratives de clémence.

Monsieur le Premier Ministre, où en sommes-nous à ce jour avec ce dossier ?

3. De la bonne gouvernance et de la restauration de l’autorité de l’Etat Le constat le mieux partagé par tous, nationaux comme étrangers, est que, tout comme du temps du Patriarche Gizenga, le Premier ministre Muzito a, officieusement certes, délégué ses prérogatives constitutionnelles à un «Gouvernement parallèle», qui a son siège à la Présidence de la République.

Qu’en dites-vous, Monsieur le Premier Ministre ?

Dans la négative, pouvez-vous alors assurer à la Représentation nationale :

- Que les mises en place opérées dans la Territoriale en violation de la Constitution et de l’esprit de Sun City : C’est vous.

- Que les contrats léonins, tel celui qui nous lie désormais à certaines entreprises chinoises : C’est encore vous.

- Que la revisitation ratée des certains contrats miniers qui crée l’insécurité juridique et judiciaire si préjudiciable à notre pays : C’est toujours vous.

- Que le chaos créé dans le processus de remplacements du Gouverneur et du Bureau de l’Assemblée provinciale de l’Equateur : C’est définitivement vous ? Excellence, Monsieur le Premier ministre, le peuple congolais et sa Représentation nationale sont impatients d’entendre vos réponses précises à toutes ces préoccupations. Et pour ma part, je vous souhaite de les convaincre.

Honorable Président, j’ai dit et je vous remercie.

François Muamba Député et Président du Groupe MLC.

Le 13 mai 2010, Francois Muamba a déposé une MOTION DE CENSURE essentielle CONTRE LE GOUVERNEMENT.7

Honorable Président, Distingués Membres du Bureau, Honorables Députés et très chers Collègues,

Conformément aux dispositions des articles 146, alinéa 2 de la Constitution et 196 du Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale, nous formulons la présente motion de censure contre le Gouvernement.

Cette mise en cause de la responsabilité du Gouvernement est avant tout fondée sur l’absence de volonté, désormais avérée du Premier ministre, Chef du Gouvernement, à exercer la plénitude des prérogatives dévolues par la Constitution à cette éminente fonction, au profit d’une structure informelle communément appelée « Gouvernement parallèle ». Ce qui entraine ipso facto, la violation de notre Constitution, de manière permanente.

Cette initiative est également justifiée par l’incapacité notoire du Premier ministre à mettre en œuvre une politique générale conforme aux engagements qu’il avait pris devant cette illustre Assemblée en octobre 2008, de rencontrer les aspirations de nos populations. Point n’est besoin de rappeler que c’est sur la base de ces engagements que son Gouvernement avait été investi.

Honorable Président, Distingués Membres du Bureau, Honorables Députés et très chers Collègues,

Nous considérons, par conséquent, que le Premier ministre a trahi la confiance que lui avait accordée la Représentation Nationale. C’est pourquoi nous demandons à cette auguste Assemblée, de bien vouloir en prendre acte et de censurer son Gouvernement.

Honorable Président,

Permettez-nous d’étayer notre propos par trois exemples saillants des objectifs du Programme du Gouvernement qui n’ont pas été atteints :

1.Le Premier ministre et son Gouvernement avaient promis de ramener la paix et la sécurité, ainsi que de restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national. A ce jour, cet objectif n’a pas été atteint. En effet, malgré les accords signés avec les Gouvernements de l’Ouganda et du Rwanda, et les opérations militaires conjointes de notre armée appuyée par la MONUC, avec les armées de l’Ouganda et du Rwanda, la paix n’est pas revenue dans l’Est du pays. Comme chacun peut le vérifier, tant dans la Province Orientale (Haut-Uélé, Bas-Uélé ou en Ituri) que dans le Nord et Sud-Kivu, des tueries des populations civiles et des viols ou encore des affrontements entre groupes armés se poursuivent, provoquant encore et toujours des déplacements de populations par milliers. Pendant ce temps, l’exploitation illégale de nos ressources par les pays voisins se poursuit sans désemparer. L’insécurité a même atteint la Province de l’Equateur. En effet, au-delà des évènements malheureux et de l’humiliation subie par l’Etat le dimanche de Pâques à Mbandaka, il faut noter que plus de 140.000 de nos compatriotes sont toujours réfugiés au Congo Brazzaville.

2.Le Premier ministre et son Gouvernement avaient également préconisé la bonne gouvernance, pour assurer à notre pays une croissance forte génératrice d’emplois. Cet objectif est également un échec. En effet, en lieu et place de la bonne gouvernance, nous assistons plutôt à une politique du Gouvernement caractérisée par la mauvaise gestion des Finances publiques, la dilapidation des deniers de l’Etat et la corruption généralisée. Cette mauvaise gouvernance a conduit à l’aggravation de la misère de nos populations qui vivent aujourd’hui dans des conditions inhumaines. La majorité des habitants de notre pays n’a accès ni à l’eau potable, ni à l’électricité, ni aux soins médicaux, ni à une alimentation suffisante, ni à l’éducation et ni, encore moins, à l’emploi. Et cette énumération est loin d’être exhaustive.

3.Le Premier ministre et son Gouvernement s’étaient engagés à finaliser la décentralisation telle que stipulée dans la constitution. Cette promesse n’a pas non plus été tenue. En effet, aucune disposition constitutionnelle en matière de la décentralisation n’est respectée par le Gouvernement. Non seulement les provinces ne jouissent pas effectivement des 40% des recettes à caractère national leur allouées par la constitution (article 175, alinéa 2) mais, de plus, la mise en place des nouvelles provinces (article 226, alinéa 1), a pris un retard tel, qu’à partir de ce mois de mai 2010, le pays entre dans une impasse constitutionnelle. Les élus de l’Ituri ont donné le ton. Serions-nous à la veille d’une «rébellion» des Districts ? La responsabilité du Gouvernement dans cet imbroglio juridico-politique n’a d’égale que la désinvolture avec laquelle il considère ce sujet.

Honorable Président, Distingués Membres du Bureau, Honorables Députés et très chers Collègues,

Compte tenu de cette situation calamiteuse dans laquelle le Premier ministre et son Gouvernement ont plongé le pays, nous pouvons, ici et maintenant, mettre fin à cet état d’insécurité et de misère et redonner la dignité à notre peuple qui a droit à la paix, au travail, à une juste rémunération et à des conditions de vie décentes.

Par conséquent, nous, signataires de la présente motion de censure, vous invitons à prendre ensemble nos responsabilités et à voter massivement en faveur de cette censure contre le Premier ministre et son Gouvernement.

Honorable Président, nous avons dit et vous remercions.

Fait à Kinshasa, le jeudi 13 mai 2010

LES HONORABLES DEPUTES SIGNATAIRES François Muamba T.

(Pdt. du Groupe MLC)

Gilbert KIAKWAMA (Pdt. du Groupe CD)

Roger Lumbala (Pdt. du Groupe ODR).8 9

Le 3 juin 2010, Francois Muamba a déposé avec les principaux membres de l'opposition politique Gilbert Kiakwama, Roger Lumbala, Moïse Nyarugabu et Pierre Pay-Pay un COMMUNIQUE EN RAPPORT AVEC LA MORT DU PRESIDENT DE L’ONG LA VOIX DES SANS VOIX :

Floribert Chebeya, Président de l’ONG de défense des droits de l’homme, la Voix des Sans Voix (VSV), a été retrouvé mort hier mercredi dans sa voiture sur une route à la sortie sud-ouest de la ville de Kinshasa.

L’opposition politique est profondément consternée non seulement par l’ampleur de la perte que représente ce décès pour la RDC, compte tenu du rôle que jouait l’illustre disparu sur l’échiquier national, mais aussi par le trouble inquiétant qui entoure sa disparition. En conséquence, l’opposition politique :

1.Considère qu’au moment où la RDC s’apprête à célébrer, à la fin de ce mois de juin, le cinquantenaire de son accession à la souveraineté internationale, la disparition inopinée et non moins suspecte de Floribert Chebeya postule que tout soit mis en œuvre pour établir les circonstances précises de son décès et sanctionner sévèrement les auteurs de ce crime ignoble.

2.Exige la constitution à cet égard, toutes affaires cessantes, d’une commission d’enquête indépendante mixte, impliquant des représentants des Organisations tant nationales qu’internationales de défense des droits de l’homme.

Enfin, l’opposition politique présente ses condoléances les plus attristées à la famille du défunt, aux Organisations de défense des droits de l’homme en général et, en particulier, à l’ONG La Voix des Sans Voix.

Le 24 juin 2010, Francois Muamba est intervenu au COLLOQUE SUR LE CINQUANTENAIRE DES INDEPENDANCES AFRICAINES organisé par l'Assemblée Nationale / IFRI Paris sur le thème "QUEL AVENIR POUR LA FRANCOPHONIE EN AFRIQUE ? EXEMPLE DE LA R-D CONGO"

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi avant toute chose d’adresser à Monsieur Accoyer, président de l’Assemblée Nationale française, à Monsieur Montbrial, président de l’IFRI ainsi qu’à tous les organisateurs du présent Colloque, mes vifs remerciements pour l’initiative d’associer aux parlementaires que nous sommes, des universitaires et le monde des affaires, aux échanges sur la Francophonie en Afrique, à l’occasion du cinquantenaire des indépendances africaines.

Ensuite, et puisqu’il faut faire les présentations d’usage, disons que votre interlocuteur est un francophile, originaire de la République Démocratique du Congo (RDC). En effet, de par mon éducation, j’ai été amené, dès le début de ma scolarité, à pratiquer et à aimer la langue française. A la maison, mon père, lui-même ayant été scolarisé en français par des prêtres missionnaires, avait instauré l’usage obligatoire du français comme seconde langue, à côté du tshiluba, la langue maternelle. C’est aussi grâce à lui que j’ai acquis le goût de la saine compétition et de la recherche de l’excellence qui m’ont conduit, aux niveaux universitaire et postuniversitaire, à fréquenter respectivement des écoles aussi prestigieuses que l’Institut des Hautes Etudes Commerciales de Bruxelles et l’Institut d’Etudes Politiques de Paris.

Finalement, rien d’étonnant que, plus tard dans la vie active, mon épouse et mes enfants aient acquis la nationalité française. Rien de surprenant non plus qu’après un début de carrière dans le privé et un double passage au gouvernement – d’abord comme ministre de l’économie et ensuite celui du Budget -, une fois élu à l’Assemblée Nationale, j’aie moi-même contribué à créer le Groupe d’Amitié RDC – France que je préside. J’exerce cette responsabilité tout en assurant en même temps la direction de la deuxième force politique du pays et principal parti de l’opposition en RDC - le Mouvement de Libération du Congo, « MLC », - dont je suis le Secrétaire Général.

Mesdames et Messieurs,

Nous voici donc réunis ici, autour d’une langue que nous avons en partage, qui nous relie par-delà nos différences, nous rend proches, en dépit de l’éloignement géographique et de la diversité de nos origines. La francophonie peut s’enorgueillir du combat qu’elle mène en faveur de la diversité culturelle et linguistique.

Dans mon pays, le français est la langue officielle. Ceci grâce, non pas à la France comme on serait tenté de le penser, mais à la Belgique dont la RDC a été une colonie jusqu’au 30 juin 1960, date de son accession à l’indépendance.

En effet, amenée à administrer un territoire qui comportait plus de 400 ethnies disposant chacune d’une langue spécifique, le colonisateur belge a - j’allais dire fort heureusement, car cela aurait pu être le néerlandais - imposé le français comme la langue de l’administration et de l’instruction au Congo.

C’est ainsi, qu’au cours de la lutte pour l’indépendance nationale notamment, les leaders politiques du pays ont eu recours à la langue française dans leur quête d’émancipation. C’est aussi dans cette langue qu’ils ont proclamé leurs idéaux de liberté et d’égalité, face à ce même colonisateur belge. Et, c’est pourquoi, bien qu’ayant été un héritage de la colonisation, la langue française sera adoptée en 1960, comme langue officielle du pays et vecteur devant conduire à l’édification de la nation congolaise.

Depuis cette date, toutes les Constitutions de la RDC ont confirmé ce choix qui fait cohabiter harmonieusement le français avec quatre autres langues nationales, à savoir, le lingala, le tshiluba, le kikongo et le swahili. Si toutes ces langues se complètent, chacune jouant son rôle dans un plan défini, seul le français présente l’avantage d’être cet exceptionnel instrument qui permet aux Congolais non seulement de communiquer avec le monde extérieur et d’échanger au sein des organisations internationales, mais aussi d’avoir accès au savoir et à la science.

Ainsi, en RDC le français est la principale langue d’enseignement du pays. De l’école primaire à l’université, la formation est dispensée aux jeunes Congolais en langue française. Il faut également souligner que, dans mon pays, cette langue est aussi celle des médias, car la quasi-totalité de la presse écrite y est éditée en français, tout comme les programmes de la radio et de la télévision qui sont diffusés, à plus de 90%, dans cette même langue.

Au total donc, la langue française est-elle pour près de soixante-huit millions des Congolais d’aujourd’hui le principal canal de leur ouverture au Monde et de leur participation à la civilisation universelle. Mais, en dépit de ce statut particulier de la langue française en RDC - deuxième puissance démographique au sein de l’organisation internationale de la francophonie (OIF) - les relations entre la France et mon pays n’ont rien d’exceptionnel !

Certes, par le passé la République Française a pu contribuer d’une manière visible à résoudre des convulsions armées en RDC, notamment en intervenant militairement à Kolwezi fin des années 70, dans le Nord-Kivu en 1994 ou encore en Ituri au début 2000.

Les Congolais s’en souviennent et le reconnaissent. Mais, du côté de la coopération au développement rien de tel. Ce que la France réalise en RDC par le biais des mécanismes multilatéraux types Union Européenne, Banque Mondiale ou FMI est noyé dans ces ensembles. De sorte que, dans l’imaginaire collectif congolais, la France a, avec la RDC, des relations de même niveau que celles qu’elle entretient avec n’importe quel autre pays africain non francophone.

C’est, à mes yeux, une situation dont le redressement postule un rééquilibrage en volume des ressources destinées à la RDC, en faveur des canaux bilatéraux d’une part et, d’autre part, au bénéfice des projets et autres initiatives de l’OIF dans mon pays. Dans ce dernier cas, non seulement le lien entre notre organisation et la France est explicite, mais l’OIF a besoin de voir ses moyens d’action fortement renforcés et pour cause.

Laissez-moi vous citer un premier exemple qui nécessite une intervention plus efficace de l’OIF. Etre nombreux à parler le français est une chose, mais le parler et l’écrire correctement en est une autre. Or, en dépit de son poids démographique, la RDC est aussi probablement l’endroit où l’on observe une importante baisse qualitative dans la pratique de la langue française. Les facteurs tels que l’inexistence d’un programme spécifique pour la promotion de la langue française, la déscolarisation, la crise du système d’enseignement, l’absence de bibliothèques et les difficultés pour se doter en ouvrages, dues au pouvoir d’achat très faible de la population, ont entrainé cette diminution généralisée du niveau de maîtrise du français.

Certes, l’OIF est active sur ce terrain aux côtés de l’Ambassade de France. Mais, les appuis qu’elle apporte à des structures telles que les Centres culturels et les Alliances Franco-Congolaises, mises en place par l’Ambassade de France, sont insuffisants et se limitent seulement à quelques importantes villes du pays, comme Kinshasa, Lubumbashi et Kisangani. Le renforcement des capacités opérationnelles de l’OIF est donc ici une exigence.

Autre exemple. Depuis quelques années, avec l’influence grandissante de l’Afrique du Sud, l’avènement du nouveau régime au Rwanda - qui a basculé totalement du français à l’anglais - et, plus généralement, la proximité de la RDC avec l’Afrique de l’Est, par où transitent ses échanges avec l’Asie, l’anglais est parlé par un nombre de plus en plus important de personnes dans la Sous-région des Grands Lacs.

Néanmoins, grâce au poids de la RDC, l’attrait du français demeure malgré tout dans cette partie de l’Afrique. Bien plus, à sa manière, mon pays participe à la bataille de la diversité linguistique et se bat contre le risque du monolinguisme et de l’impérium d’une langue unique dans la Sous-région. C’est ainsi que, en dépit des faibles moyens, la RDC entretient des écoles consulaires aussi bien en Tanzanie, au Burundi qu’au Rwanda.

Dans ce dernier pays notamment, beaucoup de francophones qui souhaitent éduquer leurs enfants en français n’ont d’autre choix que de les inscrire à l’école consulaire congolaise de Kigali. Il ne serait donc pas superflu, au nom du rayonnement de notre langue commune dans cette région, ici également, de renforcer les capacités de l’OIF, en vue d’assurer un minimum d’appuis et de soutiens à ces écoles consulaires congolaises qui fonctionnent incontestablement avec des moyens de bord.

Vous conviendrez néanmoins avec moi, que l’influence d’une langue ne se mesure pas seulement au langage des chiffres. La langue est à la fois le véhicule de la pensée, le reflet des cultures et des engagements pris en fonction des valeurs partagées et assumées en commun. La démocratie est assurément l’expression des valeurs que nous avons en partage.

L’Afrique francophone se flatte de compter nombre de gouvernements issus des élections démocratiques. Celles-ci sont généralement organisées avec le concours des partenaires extérieurs, parmi lesquels l’OIF, dont les observateurs témoignent de la régularité du processus électoral. En RDC, nous avons eu le privilège d’accueillir des observateurs de la francophonie qui, certes, ont joué un rôle irremplaçable en vue de rendre transparentes et fiables les élections générales de 2006, mais leur nombre limité n’a pas été à même de rendre compte de manière objective sur la façon dont les élections se sont déroulées dans un pays aussi vaste que la RDC. Puisque mon pays s’apprête à rééditer les élections générales en 2011, je milite donc, non seulement pour l’augmentation du nombre des observateurs pour leur répartition équilibrée sur l’ensemble du territoire congolais, mais également pour que l’OIF puisse envisager la possibilité d’intervenir activement dans les phases préparatoires de ces scrutins à venir, afin d’aider à une plus grande rationalisation des opérations préalables au vote. Dans mon esprit, il s’agit pour l’OIF de s’impliquer davantage dans le processus, dont certaines opérations ont d’ailleurs débuté, depuis la confection et la distribution des cartes d’électeurs, l’installation des bureaux de vote, jusqu’à la collecte et la diffusion des résultats.

Cette implication consiste aussi à veiller à garantir un accès égal et équitable de tous aux médias publics durant les périodes électorales, ainsi qu’à renforcer les capacités des magistrats et des juridictions appelées à se prononcer sur le contentieux électoral. Cependant, il serait illusoire de considérer que la démocratie s’arrête à l’organisation des élections aussi transparentes soient-elles. Bien d’avantage, la démocratie réelle se construit jour après jour par la consolidation de l’Etat de droit et le renforcement constant des Institutions du pays. C’est pourquoi je salue la «Déclaration de Bamako» qui, non seulement a considéré que francophonie et démocratie étaient indissociables, mais a amené nos Etats à prendre des engagements fermes pour la consolidation de l’Etat de droit.

Mesdames et Messieurs,

Que dire en conclusion ? Sinon ma conviction que la francophonie poursuivra sa construction autour de trois grandes idées qu’elle porte depuis sa création : la promotion et la défense du français, la démocratie et la solidarité. S’agissant de ce dernier objectif, si la francophonie est unie par la langue française, en son sein les disparités en termes de développement et de différences culturelles sont toutefois importantes. Il est de notre devoir de contribuer, tous ensemble, à ce que ces différences suscitent la consolidation des solidarités, notamment, entre le Nord et le Sud.

Au moment où la RDC s’apprête à accueillir le sommet de la francophonie de 2012, je voudrais dire à quel point, comme tous mes compatriotes, je soutienscette décision prise par nos Chefs d’Etat et scrute avec impatience les premiers signes des préparatifs de ce qui sera pour mon pays, un honneur et la reconnaissance de son appartenance totale et entière à la francophonie.

Je vous remercie.

 

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